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Traverser des heures pâles (en cours)

Une dissonance entre havre de paix et futur familial abimé.

Au printemps 2022, dans une maison familiale en Loir-et-Cher, la mère de mes filles y vit son dernier été, accablée par un cancer agressif. Ces murs et la campagne environnante se chargent alors pour moi d’une dissonance entre havre de paix et sentiment d’un futur familial brisé. C’est dans cette tension que ce cadre devient un terrain de résonance à mon deuil. Cette temporalité particulière entre en écho avec l’expérience de la finitude et la fragilité.

 

Dans ce contexte, la photographie devient une manière de mettre à distance un cadre devenu anxiogène. Marcher, observer les variations de lumière, les mouvements du vivant, la présence de l’eau m’offrent un espace de contemplation. À travers cette attention, je me déconnecte de la souffrance et retrouve par fragment une présence au monde. Peu à peu, cette errance m'aide à me lier de nouveau à l'innocence lumineuse de mes filles qui construisent leurs souvenirs d'enfance dans ce cadre familiale.

 

L'association d'image met en relation des fragments qui, au premier regard, peuvent sembler distincts, mais qui partagent une même atmosphère, une structure de forme et une charge symbolique. Ces associations visuelles font dialoguer la vie et la mort, la souffrance et la sérénité, l’abandon et la douceur. Les images ne cherchent pas à documenter un événement, mais à faire émerger une sensibilité vécue sur ce territoire. La recherche d’une beauté discrète traverse ainsi l’ensemble de la série.

 

Ce travail s’inscrit dans une démarche de lenteur et d’attention. Revenir aux mêmes endroits, suivre le passage d'une saison à une autre devient une manière de s'ancrer dans le temps et l'espace.

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